Dr. Audrey Muratet

Travaux de recherche

Mes thématiques de recherche s'inscrivent dans l'objectif global de comprendre comment les caractéristiques du milieu urbain affectent la diversité et la dynamique des communautés végétales et animales et quelles sont les influences respectives des paramètres locaux et paysagers.

Espaces gérés

Réponses de différents groupes taxonomiques aux pesticides. Plusieurs études menées sur les plantes, les pollinisateurs, les oiseaux et les vers-de-terre en milieu urbain et en milieu agricole ont pour but d'évaluer l'effet non intentionnel des différents types de pesticides (insecticides, herbicides, fongicides) et leurs modes d'utilisation sur la diversité, la composition et les traits fonctionnels de ces groupes taxonomiques. Un des buts finaux de ces études est de faire le pont entre l'approche classique en écotoxicologie (évaluer ex situ la toxicité des produits sur les individus) et une approche intégrant pleinement l'écologie qui mesure l'exposition des populations et des communautés à la diversité des produits phytosanitaires, leur usage réel in situ, et en interaction avec tous les autres facteurs locaux et paysagers.

Espaces non gérés

Les terrains vagues, quelles fonctions sociales et écologiques? Afin de mieux comprendre le rôle des terrains vagues dans le maintien de la biodiversité urbaine et comment ils sont utilisés par les hommes, nous avons conduit une étude multidisciplinaire pour appréhender les interrelations écologiques et sociales qui existent dans les friches urbaines de Seine-Saint-Denis. Le projet, Wasteland, une étude de la diversité des plantes, des oiseaux, des papillons, des hommes et de leurs traces dans les friches urbaines de la Seine-Saint-Denis a ainsi été démarré en 2010 avec des écologues, anthropologues et des artistes.

La connectivité du paysage en milieu urbain, comment la mesurer? Nous avons testé différentes mesures de connectivité du paysage prenant en compte ou non la perméabilité de la matrice urbaine aux mouvements des individus à l'aide de photographies satellite infrarouges (NDVI) pour différentes capacités de dispersion en Seine-Saint-Denis. Nous avons comparé les différents réseaux obtenus à des données empiriques sur les communautés végétales herbacées semi-naturelles en milieu urbain. Les premiers résultats obtenus nous permettent de proposer une mesure de connectivité efficace pour construire un réseau d'habitats fonctionnels en ville. Nous allons continuer ces travaux et approfondir la validation par des distances génétiques.

Les espèces invasives, quels sont leurs impacts en ville?

Les aires urbaines sont le point majeur d’introduction des espèces invasives car elles abritent le plus fort pourcentage d’espèces naturalisées. Une meilleure compréhension des mécanismes favorisant l’arrivée et le développement de ces espèces dans leurs aires d’introduction peut permettre de mesurer leur impact sur la diversité floristique en milieu urbain et surtout de réduire leurs extensions dans les aires naturelles limitrophes. L’impact de la présence de 11 espèces invasives sur la diversité floristique d'une communauté végétale urbaine, la friche, a été analysé. Les résultats montrent que leur effet dépend de l'échelle d'étude. A l'échelle du patch d'invasion, l'impact de ces espèces est très fort et induit une diminution importante de la richesse spécifique. Cependant, à l'échelle du site, la diversité floristique ne semble pas être altérée par la présence ou le nombre d'espèces invasives en comparaison aux autres impacts anthropiques. Les effets négatifs des espèces dans les territoires urbanisés s'observent à une échelle plus large, celle d'un département, en induisant une homogénéisation biotique des communautés envahies. Ce classement des menaces qui peuvent altérer l'écosystème urbain est essentiel pour améliorer les politiques de gestion de l'espace urbain globalement et localement.

Étude de l’écosystème urbain

La conservation de la biodiversité en milieu urbain exige une description précise de la distribution spatiale des espèces et la localisation des sites de fort intérêt, mais elle requière également d’identifier les mécanismes spécifiques influençant la distribution des espèces dans de tels environnements fortement perturbés par l’action humaine. La diversité floristique d’un des départements français les plus urbanisés, les Hauts-de-Seine, a ainsi été décrite en réalisant des inventaires floristiques dans 1000 sites situés dans 23 types d’habitats. J'ai observé un total de 626 espèces vasculaires sauvages et établi un nouvel indice d'intérêt floristique (IF), intégrant une information sur la richesse, la naturalité, la typicité et la rareté des espèces, pour identifier les sites et les habitats d'intérêt majeur pour la conservation. L'analyse du rapport entre l’IF d’un site et le Mode d’Occupation du Sol (MOS) dans un rayon de 200 m autour a permis de démontrer que les structures urbaines voisines ont une influence significative sur l'intérêt floristique des sites. Par exemple, la présence de logements collectifs autour d'un site a un impact négatif fort sur son IF. Cette information a été employée pour définir la valeur potentielle d’un site, qui a été alors comparée à l'IF observé, pour identifier des secteurs (par exemple les berges de fleuve) où une meilleure gestion pourrait améliorer la biodiversité du département.



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Myr Muratet